Restauration

Première intervention en 1973

 En 1973, une intervention de la manufacture nantaise Beuchet a consisté en l’avancement de la façade de l’orgue, pour permettre un meilleur accès aux tuyaux afin de les accorder. Les tuyaux de façade (basses de la Montre 8’) ont suite à cela une alimentation en air commandée par électro-aimant.

2003 : nouvelle turbine et réparation du réservoir primaire

Le mauvais état de la turbine, et la présence de fuites au niveau du réservoir primaire ont nécessité une première restauration en 2003. La soufflerie a été changée et les soufflets du réservoir repaussés. Une isolation de la salle hébergeant cette installation permet désormais de limiter les variations de température. On évite ainsi d’injecter un air trop froid ou trop chaud dans l’orgue. Il faut savoir que les fréquences de vibrations des tuyaux dépendent de la densité de l’air, et donc de sa température. Un air froid abaisse l’accord de l’orgue, et un air chaud le remonte.

Réservoir primaire-r

La restauration de la mécanique et des éléments pneumatiques de 2010

 En 2009, il est envisagé de construire une enceinte acoustique, composée de panneaux de bois inclinés au dessus de l’orgue. L’effet attendu est un meilleur renvoi du son vers la nef, alors qu’une partie de la puissance acoustique est absorbée par les murs ou se perd dans la base du clocher.

Cependant en 2010, suite à diverses pannes mécaniques, il est apparu que toute la mécanique de traction des notes et des registres était dans un état alarmant. La fiabilité de l’orgue risquait de devenir pénalisante et l’organisation de concerts impossible. Le projet d’enceinte acoustique est donc reporté.

 Diagnostic :

– Forte oxydation des axes supportant les équerres qui renvoient la traction des claviers. En particulier, un axe en cuivre situé en bas de la console menace de se briser, et est inaccessible sans tout démonter.
– Dureté dans les mécanismes d’accouplement des claviers
– Décollements des placages des claviers
– Jeu important dans les commandes des registres
– Usure des pointes de pivotement des touches du pédalier
– Nombreuses fuites au niveau des réservoirs d’anti-secousse

Seul un démontage complet de la mécanique et une réfection en atelier permettent de reconstruire à l’identique les organes trop détériorés et de réparer ce qui peut l’être. L’orgue devait donc rester muet pendant de longs mois.

Il a été un temps envisagé de profiter de cette intervention pour élargir le pédalier à 30 notes, et ajouter un jeu de « Bombarde 16’ », jeu qui aurait disparu en 1973.

Afin de préserver l’authenticité de l’orgue, le choix a été fait de conserver le pédalier actuel. L’ajout de la bombarde est reporté à cause du coût. Il sera toujours possible, sans dénaturer l’instrument, d’ajouter un sommier auxiliaire à électro-aimants, et des contacts électriques sur les touches du pédalier afin d’actionner ce jeu.

Suite à un appel d’offre lancé par la commune de St Philbert de Gl, c’est le facteur d’orgues Bernard Hurvy qui est retenu pour cette restauration. La partie mécanique étant assurée en sous-traitance par les frères Robert.

Le  travail en atelier

Reconstruction de la mécanique de traction des notes :

Mécanique notes

Replacage des claviers :

Placage claviers

Le remontage dans l’église
 

La mécanique

Montage mécanique

La console

Console

Console 2

Le concert d’inauguration
 

Le dimanche 2 avril 2011, Michel Bourcier, titulaire des orgues de la cathédrale de Nantes, et professeur au conservatoire est venu inaugurer l’instrument.

Le programme de ce concert a merveilleusement illustré la beauté des jeux solistes de l’orgue Van Bever, mais aussi sa polyvalence (et le talent de l’interprète !).

Michel Bourcier

Programme :

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Toccata et fugue en ré mineur BWV 565

Antonio VIVALDI/Johann Sebastian BACH
Concerto en la mineur BWV 593
Allegro – Adagio -Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
Extraits de la Suite du Deuxième ton :
Plein Jeu – Duo – Récit de Nazard – Caprice sur les Grands Jeux

César Franck (1822-1890)
Cantabile (extraits des Trois Pièces, 1878)

Maurice Duruflé (1902-1986)
Prélude et fugue sur le nom d’A.L.A.I.N.

Jehan Alain (1911-1940)
Choral Dorien
Litanies

Le Concerto en La mineur de Vivaldi (transcrit par Bach) a exploité le contraste entre le plein-jeu du Grand-Orgue, et un mélange plus intimiste de jeux au Récit, avec les flûtes 8’-4’ et la quinte. A de grandes polyphonies évoquant le tutti de l’orchestre, répondaient des récitatifs très mélodiques dont le phrasé bien articulé par le concertiste a révélé une capacité insoupçonnée de l’Orgue Van Bever à faire sonner la musique baroque.

Le « Prélude et Fugue sur le nom d’A.L.A.I.N » de Maurice Duruflé a tout d’abord fait sonner les jeux de fonds de 8’ dans un irrésistible mouvement d’arpège tandis que la Clarinette du Récit faisait sonner le thème des « Litanies » dans une pétillante déclamation. La fugue très lyrique a, dans sa section centrale, sonné de manière lointaine et mystérieuse, avec le mélange « Salicional + voix céleste » du récit. Un crescendo au Grand-Orgue et un contrechant virtuose à la main gauche ont conclu la pièce de manière quelque peu « dramatique » avec les sons puissants des jeux d’anches (Trompette + Clairon).

Ce concert a permis au public de (re)découvrir l’orgue, et de constater la qualité de la restauration. Les timbres de l’instrument sont apparus plus affirmés, et la mécanique restaurée répond mieux au toucher et à la virtuosité de l’organiste.

 

Publicités

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :